Pourquoi les marais salants deviennent-ils roses ?

Dans ce papier

  • La couleur rose des marais salants est due à une micro-algue, Dunaliella salina, qui produit du bêta-carotène quand la salinité dépasse 250 g/l
  • Le phénomène est visible de juin à septembre, avec un pic d’intensité en juillet-août quand l’évaporation est maximale
  • Les salins d’Aigues-Mortes (Camargue) offrent le spectacle le plus accessible avec des visites guidées à partir de 11,50 € adulte
  • En Vendée et sur la côte atlantique, les marais salants virent rarement au rose vif : la salinité y reste trop basse pour déclencher le phénomène
  • La crevette Artemia salina, qui se nourrit de l’algue rose, transmet le pigment aux flamants roses : c’est la même chaîne alimentaire
  • On observe aussi des marais salants roses à Gruissan (Aude), Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône) et en Sicile près de Trapani

Chaque été, des milliers de visiteurs s’arrêtent bouche bée devant des étendues d’eau couleur framboise au milieu des salines du sud de la France. La question revient systématiquement : pourquoi cette teinte irréelle ? La réponse tient en deux mots : Dunaliella salina. Mais derrière ce nom latin se cache un mécanisme biologique précis, lié à la concentration en sel, à la température et à l’ensoleillement. Je vous explique tout, avec les lieux concrets où observer ce phénomène, les périodes exactes et les tarifs pour organiser votre visite.

Pourquoi l’eau des marais salants devient-elle rose

Le rosissement des marais salants n’a rien de mystérieux : c’est un phénomène biochimique parfaitement documenté. L’eau de mer, en circulant dans les bassins de concentration successifs d’une saline, voit sa salinité augmenter progressivement. Au départ, l’eau de mer contient environ 35 g de sel par litre. Dans les derniers bassins, appelés cristallisoirs ou tables salantes, la concentration peut atteindre 300 à 350 g/l.

À partir de 150 à 200 g/l, la plupart des organismes vivants ne survivent plus. Mais certains micro-organismes dits halophiles (du grec halos, sel, et philein, aimer) prospèrent justement dans ces conditions extrêmes. C’est le cas de la micro-algue Dunaliella salina et de certaines archées du genre Halobacterium. Ces organismes produisent des pigments caroténoïdes, notamment du bêta-carotène, pour se protéger du rayonnement UV intense auquel ils sont exposés dans ces eaux peu profondes et très chaudes.

Résultat : quand la population de ces micro-organismes explose, l’eau prend une teinte allant du rose pâle au rouge profond, selon la densité de la colonie et la profondeur du bassin. Plus le bassin est peu profond et concentré en sel, plus la couleur est intense.

Dunaliella salina : l’algue microscopique responsable

Dunaliella salina est une algue verte unicellulaire de la famille des Dunaliellaceae. Ne vous fiez pas à son classement dans les algues vertes : elle ne reste verte que quand les conditions sont clémentes. Dès que le stress salin et le rayonnement solaire augmentent, elle accumule massivement du bêta-carotène dans des gouttelettes lipidiques à l’intérieur de ses cellules. Ce pigment orange-rouge peut représenter jusqu’à 14 % de la masse sèche de l’algue, selon les travaux publiés par le Muséum national d’histoire naturelle.

Le bêta-carotène produit par Dunaliella salina peut représenter jusqu'à 14 % de la masse sèche de l'algue
Le bêta-carotène produit par Dunaliella salina peut représenter jusqu’à 14 % de la masse sèche de l’algue

Quelques repères sur cette algue :

  • Taille : 5 à 25 micromètres (invisible à l’œil nu)
  • Habitat : eaux hypersalines, lacs salés, marais salants, sebkhas
  • Tolérance : supporte des salinités de 0,5 à 350 g/l
  • Température optimale : entre 25 et 40 °C
  • Pigment principal : bêta-carotène (provitamine A)
  • Utilisation industrielle : cultivée pour la production de bêta-carotène naturel en Australie, Israël et Chine

À côté de Dunaliella salina, les archées halophiles (Halobacterium salinarum notamment) contribuent aussi à la coloration. Ces micro-organismes produisent de la bactériorhodopsine, un pigment violet-rouge. Dans les bassins les plus concentrés, c’est souvent la combinaison des deux populations qui donne ces teintes spectaculaires.

Le phénomène est parfaitement naturel et ne présente aucun danger sanitaire. L’eau rose n’est ni polluée, ni toxique. C’est simplement le signe d’un écosystème hypersalin en bonne santé.

Quand les salins sont-ils roses : la bonne période

La coloration rose n’est pas permanente. Elle dépend de trois facteurs qui convergent en été :

  • L’ensoleillement : les UV stimulent la production de bêta-carotène
  • La température : l’eau des bassins peu profonds (10 à 30 cm) monte facilement à 30-40 °C
  • L’évaporation : elle concentre le sel et crée les conditions idéales pour Dunaliella

Concrètement, voici le calendrier type pour les salins d’Aigues-Mortes et de Camargue :

Mois Salinité moyenne Couleur observée Intensité
Avril-mai 80-120 g/l Vert-brun Aucune teinte rose
Juin 150-200 g/l Rose pâle Faible à modérée
Juillet 200-280 g/l Rose vif Forte
Août 250-350 g/l Rose-rouge intense Maximale
Septembre 180-250 g/l Rose soutenu Forte (début), décroissante
Octobre 100-150 g/l Rose résiduel à brun Faible

Le pic de coloration se situe généralement entre la mi-juillet et la fin août. Mais attention : une année pluvieuse ou un été maussade peuvent retarder ou atténuer le phénomène. En 2024, les pluies de juin ont repoussé l’apparition du rose d’environ trois semaines sur les salins de Camargue.

Si vous visitez les marais salants de Guérande ou les marais salants de Saint-Hilaire-de-Riez, ne vous attendez pas au même spectacle : les conditions climatiques atlantiques ne favorisent pas ce rosissement intense (j’y reviens plus bas).

Où voir les salins roses en France

En France, le phénomène des marais salants roses se concentre sur le littoral méditerranéen. Voici les sites principaux, avec les informations pratiques pour chacun.

Salins d’Aigues-Mortes (Gard)

C’est le site le plus connu et le plus accessible. Les Salins du Midi, exploités depuis le Moyen Âge, s’étendent sur 10 800 hectares entre Aigues-Mortes et Le Grau-du-Roi. Les bassins roses sont visibles depuis le parcours de visite organisé par la compagnie Visite Salins de Camargue.

  • Visite en petit train : 1 h 15, 11,50 € adulte, 8 € enfant (4-13 ans), gratuit moins de 4 ans
  • Visite en VTT : 2 h 30, environ 26 € adulte
  • Visite en 4×4 : 1 h 30, environ 22 € adulte
  • Période d’ouverture : mars à novembre (visites quotidiennes de juin à septembre)
  • Meilleure période pour le rose : mi-juillet à fin août
  • Parking : gratuit sur le site des salins
Les salins d'Aigues-Mortes, 10 800 hectares de bassins exploités depuis le Moyen Âge, accueillent des visites en petit train
Les salins d’Aigues-Mortes, 10 800 hectares de bassins exploités depuis le Moyen Âge, accueillent des visites en petit train

Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône)

Moins touristique qu’Aigues-Mortes, ce site au cœur de la Camargue offre des paysages plus sauvages. Les bassins de Salin-de-Giraud couvrent environ 11 000 hectares. La coloration rose y est tout aussi spectaculaire, parfois même plus intense car les bassins sont moins perturbés par le passage de visiteurs.

  • Accès libre aux points de vue depuis la route D36d
  • Pas de visite organisée des bassins eux-mêmes (site industriel en activité)
  • Conseil : montez au belvédère du sel pour une vue plongeante sur les tables salantes roses

Salins de Gruissan (Aude)

Les marais salants de Gruissan, à côté de l’île Saint-Martin, présentent aussi une coloration rose en été. Le site est plus petit que ceux de Camargue (400 hectares) mais l’observation est facile depuis les sentiers pédestres qui longent les bassins.

  • Accès libre toute l’année
  • Visites guidées par l’office de tourisme de Gruissan : environ 6 € adulte
  • Période rose : juillet-août, variable selon les années

Étang de Thau et salines de Sète (Hérault)

Plus discret, le phénomène s’observe parfois dans les anciennes salines de Villeroy à Sète. L’accès est libre mais le rosissement est moins prévisible que sur les grands sites en exploitation.

Pour une approche plus atlantique de l’univers des marais salants, je vous recommande mes guides sur les marais salants d’Oléron et le petit train des marais salants de Guérande. Vous n’y verrez pas de rose, mais le travail des sauniers y est passionnant.

Marais salants roses en Méditerranée et en Sicile

Le phénomène ne se limite pas à la France. En Méditerranée, plusieurs sites présentent des marais salants roses spectaculaires.

En Sicile, les salines de Trapani et Paceco, sur la côte ouest, constituent le spot le plus célèbre. La Riserva Naturale delle Saline di Trapani e Paceco, gérée par le WWF Italie, protège 1 000 hectares de marais salants actifs depuis l’Antiquité. Les bassins virent au rose entre juin et septembre. L’entrée à la réserve coûte environ 5 € adulte. Les moulins à vent en pierre qui bordent les bassins ajoutent un cachet unique au paysage.

Toujours en Sicile, les salines de Mozia (île de San Pantaleo, face à Marsala) offrent un spectacle similaire, avec en prime un site archéologique phénicien. La traversée en bateau vers l’île coûte environ 5 € aller-retour.

Ailleurs en Méditerranée, on trouve des marais salants roses à :

  • Ses Salines (Majorque et Formentera, Espagne) : classés parc naturel
  • Cervia (Émilie-Romagne, Italie) : saline artisanale active
  • Messolonghi (Grèce) : l’une des plus grandes salines de Méditerranée orientale
  • Ston (Croatie, près de Dubrovnik) : salines médiévales encore en activité

Dans tous ces sites, le mécanisme est identique : Dunaliella salina prolifère quand la salinité et la température montent. La géographie méditerranéenne, avec ses étés chauds, secs et très ensoleillés, crée les conditions parfaites.

Pourquoi les marais atlantiques ne rosissent pas

Si vous avez visité les marais salants de Guérande, de Noirmoutier ou de l’île de Ré, vous n’avez probablement jamais vu d’eau rose. Ce n’est pas un hasard. Les conditions climatiques de la façade atlantique diffèrent sensiblement de celles de la Méditerranée :

Sur la côte atlantique, l'ensoleillement plus faible empêche l'algue Dunaliella de colorer les bassins en rose
Sur la côte atlantique, l’ensoleillement plus faible empêche l’algue Dunaliella de colorer les bassins en rose
  • Ensoleillement : Guérande reçoit environ 2 100 heures de soleil par an contre 2 700 à 2 800 heures pour Aigues-Mortes
  • Précipitations : il pleut en moyenne 750 à 800 mm/an à Guérande contre 550 à 600 mm/an en Camargue
  • Amplitude thermique : les étés atlantiques restent plus frais, avec des moyennes de 20-22 °C en juillet contre 25-28 °C sur le littoral méditerranéen
  • Méthode de récolte : les sauniers atlantiques travaillent avec des bassins moins concentrés (la fleur de sel se récolte à des salinités de 260-280 g/l, mais les bassins intermédiaires restent bien en dessous)

En Vendée, sur les marais salants de Noirmoutier ou de la Vie à Saint-Hilaire-de-Riez, la salinité dans les œillets (bassins de cristallisation) atteint bien des niveaux élevés. Mais l’ensoleillement insuffisant et les températures plus modérées empêchent Dunaliella salina de proliférer massivement. On peut observer une très légère teinte rosée certains jours de canicule en août, mais rien de comparable aux fuchsias éclatants de Camargue.

Pour découvrir le travail du sel sur la côte vendéenne, je vous conseille mon article sur le sel de Noirmoutier : vous y trouverez les prix, les points de vente et les bonnes adresses de producteurs.

Visiter les salins roses : tarifs, horaires et conseils

Je me concentre ici sur les salins d’Aigues-Mortes, le site le plus visité et le mieux organisé pour accueillir le public.

Formule de visite Durée Tarif adulte Tarif enfant (4-13 ans) Réservation
Petit train 1 h 15 11,50 € 8,00 € Recommandée en été
VTT guidé 2 h 30 26,00 € 20,00 € Obligatoire
Visite 4×4 1 h 30 22,00 € 15,00 € Obligatoire
Visite à pied libre Libre Gratuit Gratuit Non
Kayak dans les salins 2 h 35,00 € À partir de 12 ans Obligatoire

Horaires : en haute saison (juillet-août), le site ouvre de 9 h 30 à 19 h 30, avec des départs de petit train toutes les 30 à 45 minutes. En basse saison, les horaires sont réduits : consultez le site officiel avant de vous déplacer.

Accès : depuis Montpellier, comptez 45 minutes par l’A9 puis la D979. Depuis Nîmes, 35 minutes par l’A54 puis la D979. Le parking sur place est gratuit et peut accueillir plusieurs centaines de véhicules, mais il est souvent saturé entre 10 h et 16 h en août.

Mes conseils terrain :

  • Arrivez avant 10 h ou après 17 h pour éviter la foule et profiter de la meilleure lumière
  • Emportez impérativement un chapeau, de la crème solaire et de l’eau : il n’y a aucune ombre sur le parcours
  • Les lunettes de soleil polarisantes atténuent les reflets mais modifient la perception de la couleur rose : retirez-les pour apprécier le vrai rendu
  • Le mistral peut souffler fort même en été ; prévoyez un coupe-vent léger
  • La boutique du site vend du sel récolté sur place (fleur de sel de Camargue, sel rosé) : comptez 6 à 12 € le pot selon le conditionnement

Si vous combinez ce détour méditerranéen avec un séjour en Vendée, pensez à consulter mon comparatif des campings pas chers en Pays de la Loire ou celui des campings avec piscine pour planifier vos étapes.

Flamants roses et marais salants : le lien direct

Ce n’est pas une coïncidence si les flamants roses (Phoenicopterus roseus) fréquentent les mêmes sites que les marais salants roses. Le lien est alimentaire et direct.

La chaîne est la suivante :

  1. Dunaliella salina produit du bêta-carotène (pigment rose-orange)
  2. La petite crevette Artemia salina (artémie) se nourrit de Dunaliella et accumule le pigment
  3. Les flamants roses filtrent l’eau pour capturer les artémies et ingèrent ainsi le bêta-carotène
  4. Le pigment se dépose dans leurs plumes, leur peau et leur bec, leur donnant cette couleur rose caractéristique

Un flamant en captivité nourri sans caroténoïdes perd progressivement sa couleur rose et blanchit en quelques mois. C’est pourquoi les zoos ajoutent des suppléments de caroténoïdes à l’alimentation des flamants. Selon les données de la Tour du Valat, centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, la population de flamants roses en Camargue compte entre 15 000 et 40 000 individus selon la saison.

Sur les salins d’Aigues-Mortes, vous pouvez observer les flamants directement depuis le parcours de visite. Emportez des jumelles : les oiseaux se tiennent souvent à 100-200 mètres des chemins autorisés.

Photographier les marais roses : les bons créneaux

Les marais salants roses sont un sujet photographique exceptionnel, mais le rendu dépend fortement des conditions de lumière et de l’heure de la journée.

Les meilleurs créneaux :

  • Lever du soleil (6 h-8 h) : lumière dorée rasante, reflets intenses, pas de vent en général. C’est le créneau des photographes sérieux. Problème : le site d’Aigues-Mortes n’est pas ouvert à cette heure
  • Fin d’après-midi (17 h-19 h 30) : la lumière chaude accentue le rose. Le meilleur compromis entre accessibilité et qualité de lumière
  • Milieu de journée (12 h-15 h) : la lumière zénithale écrase les contrastes mais la couleur reste visible ; le rendu est moins flatteur en photo

Réglages conseillés :

  • Balance des blancs : réglez-la manuellement sur « lumière du jour » ou 5 500-6 000 K. Le mode automatique a tendance à corriger le rose et à le rendre plus neutre
  • Filtre polarisant : utile pour supprimer les reflets sur l’eau et révéler la couleur sous la surface, mais attention à ne pas trop forcer l’effet
  • Drone : le survol est interdit sur les salins d’Aigues-Mortes (zone protégée, présence d’oiseaux nicheurs). Des amendes de 750 € à 15 000 € sont prévues

Si vous passez quelques jours dans la région après votre visite des salins et que vous envisagez un détour par la côte atlantique, consultez mon article sur le Marais poitevin à vélo pour une tout autre ambiance de zones humides.

À retenir

  • La couleur rose est due à la micro-algue Dunaliella salina, qui produit du bêta-carotène quand la salinité dépasse 200-250 g/l
  • La meilleure période pour voir les salins roses : mi-juillet à fin août, par temps chaud et sec
  • Le site le plus accessible en France : les salins d’Aigues-Mortes, visite en petit train à 11,50 €
  • Les marais salants atlantiques (Guérande, Noirmoutier, Oléron) ne virent quasiment jamais au rose : ensoleillement insuffisant
  • En Sicile, les salines de Trapani-Paceco offrent le même phénomène avec un cadre historique remarquable

Questions fréquentes


Pourquoi l’eau des marais salants est-elle rose ?

L’eau devient rose à cause de la prolifération de la micro-algue Dunaliella salina et de certaines archées halophiles. Ces micro-organismes produisent du bêta-carotène, un pigment orange-rouge, pour se protéger des rayons UV. Plus la salinité est élevée (au-delà de 200 g/l) et plus le soleil est intense, plus la coloration est vive. Le phénomène est totalement naturel et sans danger.

Quand les salins sont-ils roses ?

La coloration rose apparaît généralement à partir de juin et atteint son pic entre la mi-juillet et la fin août. Elle s’atténue progressivement en septembre-octobre avec la baisse des températures et l’augmentation des précipitations. Un été pluvieux peut retarder ou limiter le phénomène.

Où voir les salins roses en France ?

Les trois principaux sites sont les salins d’Aigues-Mortes (Gard), le plus visité avec des parcours organisés ; Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône), plus sauvage et accessible librement depuis la route ; et les marais salants de Gruissan (Aude), plus petits mais accessibles à pied gratuitement. On peut aussi observer une teinte rose dans les anciennes salines de Sète certains étés.

Où se trouvent les marais salants roses en Sicile ?

En Sicile, les marais salants roses les plus célèbres se trouvent dans la réserve naturelle de Trapani et Paceco, sur la côte ouest, entre Trapani et Marsala. Le site est géré par le WWF et l’entrée coûte environ 5 €. Les salines de Mozia, face à Marsala, offrent aussi ce spectacle, avec en plus un site archéologique phénicien accessible par bateau.

Peut-on voir des marais salants roses en Vendée ou en Bretagne ?

Non, ou très exceptionnellement. Les marais salants de Guérande, Noirmoutier, Saint-Hilaire-de-Riez ou Oléron ne virent pas au rose en conditions normales. Le climat atlantique, avec un ensoleillement et des températures inférieurs à ceux de la Méditerranée, ne permet pas à Dunaliella salina de proliférer suffisamment pour colorer l’eau de façon visible. Une très légère teinte peut parfois apparaître lors de canicules exceptionnelles en août, mais elle reste fugace.

Le sel récolté dans les marais roses est-il rose lui aussi ?

Le gros sel récolté dans les tables salantes roses peut effectivement présenter une teinte rosée due aux résidus de bêta-carotène. C’est le cas du sel des salins d’Aigues-Mortes, parfois commercialisé comme « sel rose de Camargue ». Il ne faut pas le confondre avec le sel rose de l’Himalaya, dont la couleur provient d’oxydes de fer et non d’algues. En bouche, la différence est subtile ; c’est surtout un argument visuel et marketing.

Les marais salants roses sont-ils dangereux pour la santé ?

Absolument pas. La coloration est causée par des micro-organismes naturels (algues et archées) qui ne présentent aucun risque pour la santé humaine. La baignade est toutefois interdite dans les bassins des salines pour des raisons de sécurité (fond vaseux, profondeur variable) et de protection du site, non pour des motifs sanitaires.


Hélène Bernier

Hélène Bernier est journaliste tourisme et guide indépendante spécialisée Vendée littoral. Pendant douze ans, elle a arpenté la Vendée pour le Petit Futé et les Guides du Routard, avec une spécialisation sur Noirmoutier, le Passage du Gois et la bande côtière entre Fromentine et les Sables-d'Olonne. Elle tient parking-alizes.fr depuis sa maison de Fromentine.